Une des grandes ruptures politiques qui a marqué la législature précédente concernait la politique d’ouverture menée dans le quartier Matonge. Le Collège a alors porté une approche des problèmes de sécurité qui mettait l’accent sur la prévention, le dialogue, le respect. Le groupe Ecolo reste fier de ce choix politique qui a vu la création de la cellule Matonge, l’implication des services du contrat de société, le dialogue avec les habitants, les jeunes et les familles, les commerçants remplacer une politique purement répressive, totalement inefficace de surcroît.. Cette approche radicalement nouvelle a permis la restauration d’un climat de confiance dont le Bourgmestre s’est réjoui, à juste titre, tout au long de la législature. Ce climat nouveau a aussi redonné légitimité et autorité aux policiers pour des interventions policières "classiques".
Nous savons en effet qu’une politique préventive ne suffit malheureusement pas à faire disparaître la petite criminalité, les agressions et le trafic de drogue. Les opérations de contrôle restent donc bien nécessaires. Elles étaient redevenues légitimes aux yeux du quartier. Elles étaient par ailleurs jugées insuffisantes par les habitants de zones limitrophes vers lesquels très logiquement une certaine délinquance s’était déplacée et qui ont eu le sentiment d’être abandonnés. Je pense en particulier à la rue Longue Vie souvent évoquée dans cette enceinte. Il n’est donc pas question ici de contester la lutte contre les trafics et agressions. Les conseillers qui siégeaient ici sous l’ancienne législature se souviendront de l’intervention qui nous a tous émus faite il y a un an et demi, au nom de l’association Magenta. Son porte-parole avait dit à la fois qu’il ne pouvait y avoir de zone de non-droit mais aussi que les victimes d’agressions devaient pouvoir oser déposer plainte sans craindre la police, comme c’était trop souvent le cas. En l’occurrence, il évoquait le traitement infligé aux victimes homosexuelles.
Ce qui m’amène à vous interpeller c’est un ensemble convergent de témoignages qui nous font craindre l’abandon de cette politique d’ouverture et percevoir la détérioration des relations entre les habitant, "usagers" de Matonge et la police.
Interpellation de mineurs licenciés de leur école avant la fin des cours pour cause de professeurs malades, interpellations musclées de jeunes qui ont le mauvais goût de courir pour attraper leur métro et que leur course rendrait suspects, maintien au commissariat de ces mineurs sans prévenir les parents. Maman demandant ce qui est reproché à ses enfants et qui est malmenée (opération menée samedi 14 avril dernier).
Je peux malheureusement allonger la liste des dérapages inquiétants vécus aussi par de simples témoins d’arrestations ou par des victimes allant porter plainte au commissariat. Grossièreté, abus de pouvoir : trop de témoignages font état de comportements peu policés, insultants ou humiliants. Sans parler de violences physiques. Certains policiers semblent oublier que l’usage de la contrainte est réglementé, même pour des personnes d’origine africaine, même pour des personnes qui ont déjà commis des délits.
Ces faits sont d’autant plus inquiétants que tous ceux qui en sont victimes ont en commun la couleur de la peau.
Affirmer vouloir lutter contre toutes les discriminations est vain, sinon pure hypocrisie si les pratiques sont discriminatoires et humiliantes. Mettre des moyens humains et financiers dans la médiation scolaire, dans des activités avec les adolescents, c’est fort bien mais ce travail est anéanti quand les mêmes adolescents qui ont tellement besoin de reconnaissance ont le sentiment d’être soupçonnés en permanence pour la simple couleur de leur peau. Vouloir responsabiliser les parents et créer des stages parentaux, c’est un message qui devient incompréhensible pour les parents qui cherchant à comprendre pourquoi leur enfant a été emmené au poste, se font au mieux dire qu’ils n’avaient qu’à les garder à la maison (un beau samedi estival) ou au pire se font insulter et sont retenus au poste eux-mêmes (l’un d’entre eux a été tabassé). Savez-vous Monsieur le Bourgmestre, que des signatures de PV d’audition sont obtenus sous la menace, (de glisser un pacson dans la poche, que des enfants mineurs à qui rien n’est reproché doivent se dénuder, qu’une personne arrêtée et en cellule dans un de nos commissariats ixellois peut se faire tabasser par plusieurs policiers jusqu’au moment où heureusement un "supérieur" est passé par là. Et qu’une arrestation arbitraire peut in fine se terminer par une perte d’emploi.
Nous savons aussi que les policiers font un métier difficile, stressant, parfois dangereux ; et la plupart d’entre eux font leur travail correctement. Ils ne méritent pas le discrédit que les bavures commises par certains jettent sur leur travail.
Je voudrais savoir ce qu’est devenu le projet pilote de la "cellule Matongé" et la nouvelle approche dont elle avait été porteuse avec ses formations spécifiques, notamment en matière de communication interculturelle, avec son souci d’impliquer les habitants et les familles par l’entremise du tissu associatif.
Anne Herscovici, Chef de groupe Ecolo au Conseil Communal
J’appartiens à l’espèce "militante historique", avec un héritage familial assumé : la démocratie, c’est le droit et le devoir de s’insurger contre la loi du plus fort, les discriminations, l’exploitation, l’indifférence à l’avenir de nos enfants. J’ai rejoint Ecolo pour transformer mes idées en actes. Pour tenter de faire de la politique... (...)
Élue
Dans les circonstances budgétaires du moment, la dotation que la commune assure au CPAS n’appelle pas de la part du groupe Ecolo. Le budget du CPAS est correct au plan financier. L’augmentation de la dotation communale qui passe à 20.471.000 euros est tout à fait logique.
Cela étant dit, avec un même budget, on peut mener des politiques fort différentes : payer un revenu d’intégration à un jeune en lui refusant de poursuivre des études ne coûte pas moins cher à la Commune que de payer cette aide en refusant son projet.
L’examen d’un budget, ce n’est donc pas qu’un exercice comptable, c’est aussi un exercice politique.Un budget traduit des intentions politiques, la note de politique générale qui l’accompagne est là pour fournir des informations chiffrées sur les évolutions sociales observées qui justifient les objectifs retenus. La note de politique générale fournit des chiffres utiles, mais elle est muette en terme d’analyse des grosses problématiques sociales rencontrées et en terme de projets. Je voudrais donc attirer votre attention sur quelques chiffres qui se trouvent dans la note de politique générale et donnent une éclairage utile quant au contexte de travail du CPAS. [...]
Alors que la population ixelloise a fortement augmenté (de 77.437 habitants en 2005 à 80.511 en 2008) et que c’est donc un public plus large qui est susceptible de s’adresser au CPAS, le nombre de personnes bénéficiant d’un revenu d’intégration sociale, a lui, diminué depuis 2005 (à l’inverse de l’évolution constatée dans la Région) nous sommes passés de 1.919 dossiers individuels à 1730 dossiers en 2009.
Le nombre de dossiers aide sociale équivalente suit une même courbe descendante depuis 2005, malgré une soudaine augmentation en 2009.[...]
Ces évolutions contrastées mériteraient une réflexion sur les effets de l’évolution des loyers dans notre commune et la part toujours dérisoire de logements sociaux dont nous disposons. Les plus pauvres sont contraints de quitter la commune, ou de vivre dans des logements indignes ou de s’endetter. A cet égard, le groupe Ecolo voudrait voir avancer une politique de lutte contre les marchands de sommeil.[...
Autre chiffre remarquable : le nombre des étudiants bénéficiaires du RIS est en diminution. La moyenne passe de 225 en 2007 à 185 durant le premier semestre 2009. Pas parce que les demandes diminuent mais parce que les refus d’aide augmentent. C’est le commentaire de la note de politique générale qui le précise !
Le nombre de personnes bénéficiant de l’aide médico-pharmaceutique exclusive est en diminution : cette aide concerne les personnes qui ont des ressources (une petite pension, un salaire pour un travail à temps partiel, etc.) tellement faibles qu’elles ne peuvent faire face à leurs dépenses de santé. Le poids des loyers fragilise terriblement les budgets d’une partie de plus en plus importante de la population. Cette diminution du nombre de personnes aidées est donc étonnante.
Quant aux montants consacrés aux aides sociales complémentaires, ils sont pour la plupart à la baisse. Je pointerai en particulier les diminutions surprenantes dans les interventions du CPAS dans les frais d’eau et énergie pour lesquels nous bénéficions de subsides du Fédéral Ces diminutions sont surprenantes au regard de l’augmentation de la précarité énergétique qui s’est accentuée avec la libéralisation du marché et qui touche un nouveau public qui fait appel aux CPAS : travailleurs aux bas salaires, pensionnés.
Les recettes du CPAS d’Ixelles en provenance du Fédéral ont fondu à mesure de leur non-utilisation (672.304 pour 2007, 542.8051 en 2008, 531.300 au budget modifié 2009). Ixelles doit être le seul CPAS du pays dans ce cas. Faut-il préciser que le groupe Ecolo ne plaide pas pour une politique de dépenses « pour le principe » des subsides qui pousseraient les personnes à gaspiller l’énergie sous prétexte que le CPAS paie. Par contre, nous savons que vivre avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté, ce qui est le cas des allocataires sociaux, empêchent de faire face aux dépenses de base. Même en gérant en « bonne mère de famille ». Nous savons aussi tous que les ménages fragilisés habitent le plus souvent des logements de piètre qualité et très mal isolés. Quant aux équipements ménagers bon marché, ils ont rarement un bon rendement énergétique. Ces montants qui n’ont pas été utilisés pour aider financièrement les personnes en difficulté n’ont pas été utilisés non plus dans le cadre d’un travail d’accompagnement pour la maîtrise énergétique des ménages précaires. Aucune politique préventive n’a été mis en place à cet égard. A défaut de vouloir aider les personnes en situation précaire à apurer leurs factures de gaz et d’électricité, il aurait été utile d’utiliser les subsides fédéraux pour développer une politique sociale préventive en matière d’énergie. Le groupe Ecolo a fait cette proposition à plusieurs reprises. En vain. [...]
J’en viens à ma conclusion et aux raisons pour lesquelles notre groupe va s’abstenir sur ce budget. Nous ne pouvons souscrire à la vision politique qui préside aux décisions du comité spécial du service social et l’amène à de nombreux refus d’aide. Contrairement à la majorité PS-MR, Ecolo ne pense pas qu’il suffit de chercher du travail pour en trouver. Et nous refusons de diaboliser les personnes qui travaillent quelques heures par mois au noir sans nous en avertir. Nous ne pouvons souscrire à une lecture du monde qui divise les pauvres entre bons et mauvais, qui culpabilise plutôt que de responsabiliser. [...]
L’assistance n’est pas une réponse à la pauvreté, mais il n’y a pas de réponse sans écoute et sans respect.
Le travail social en CPAS a toujours été fait d’aide et de contrôle, cela relève des missions légales du CPAS et c’est normal, mais aujourd’hui , à Ixelles, le contrôle écrase le travail social.
Le groupe Ecolo est convaincu qu’il est possible d’avoir une gestion rigoureuse et de mener en même temps une politique attentive à la réalité complexe des situations sociales et culturelles dans lesquelles vivent les familles.
Il y a des mots qui font vivre, il y a des mots qui blessent et qui humilient les usagers, comme les travailleurs sociaux qui les soutiennent.
Je suis convaincue que dans la pauvreté, le pire n’est pas le manque de ressources financières et les conditions de vie que cela entraine, le pire, c’est l’humiliation, le pire c’est la disqualification. Ces mots qui blessent, je les entends trop souvent. C’est pour toutes ces raisons que mon groupe s’abstiendra.
Anne Herscovici
En février 2009, j’ai déposé, au nom du groupe Ecolo, une demande d’interpellation sur la politique du Collège en matière de logement. Le Bourgmestre a demandé le report de cette interpellation pour laisser le temps aux services de préparer des réponses complètes. Comme je posais en effet de nombreuses questions, j’ai accepté cette proposition, qui avait été assortie d’une promesse de réunion préalable de commission. Deux mois plus tard, en l’absence de toute initiative du bourgmestre, j’ai redéposé ma demande d’interpellation ; le bourgmestre a demandé un nouveau report parce qu’il est toujours incapable de me répondre.
Voilà qui est pour le moins surprenant : mes questions ne sont pas fantaisistes, elles visent simplement à savoir où en est le Collège dans la mise en oeuvre de ses propres engagements, contenus dans sa déclaration de politique générale.
L’impossibilité de répondre à mes questions est d’autant plus surprenante que tous les Ixellois ont reçu dans leur boîte aux lettres un beau tract en couleurs du PS ixellois intitulé : "Logement problème n°1".
Comment peut-on prétendre se battre pour le droit au logement - ce qui est bien nécessaire - sans donner la priorité au suivi de ce dossier ?
Le texte complet de l’interpellation que je n’ai toujours pas pu développer devant le Conseil communal sur mon site web : www.anneherscovici.be ou en pdf à télécharger ICI.
Anne Herscovici, chef de groupe Ecolo à Ixelles, le 9 mai 2009.
Communiqué de presse avril 2009
Dans un courriel largement diffusé, sous l’objet « A lire très intéressant » , l’échevin de la Culture, Yves de Jonghe d’Ardoye (MR), a envoyé, « juste pour se faire plaisir » , un texte aux relents racistes, intitulé « Les juifs et l’Islam » , affirmant la supériorité des personnes juives sur les musulmans. Le courriel compare, en effet, le nombre de prix Nobel reçus par les musulmans à ceux décernés aux juifs, proportionnellement à l’importance de leur population dans le monde.
Ce texte se termine par des phrases aux accents nauséabonds, assimilant les musulmans du monde entier au terrorisme islamique, aux preneurs d’otage et à la traite des esclaves.
Ce courriel s’est retrouvé dans la boîte électronique de très nombreuses personnes, au point que Le Soir du 5 mars 2009 y a consacré un commentaire.
Dans l’exercice de son mandat de conseillère communale Ecolo d’Ixelles, Zohra Chbaral, a déposé une demande d’interpellation au Collège relative aux propos xénophobes diffusés par l’échevin. Lors de la séance du conseil communal du 19 mars 2009, le bourgmestre Willy Decourty (PS) a refusé que Zohra Chbaral développe son interpellation, même en comité secret, sous prétexte que le texte largement diffusé par voie électronique par M. de Jonghe relevait de la sphère privée et n’avait pas de lien avec les compétences communales. Curieuse attitude de la part d’un bourgmestre socialiste !
Dans sa demande d’interpellation, Zohra Chbaral soulignait que l’échevin visait ainsi l’ensemble d’une communauté en reprenant la rhétorique de l’extrême droite. En utilisant les préjugés et la peur, il distillait la haine et le racisme, en cherchant à monter les communautés les unes contre les autres.
Au lendemain de cette réunion, Zohra Chbaral et Julie De Groote, chef du groupe CDH au conseil communal, ont saisi le Centre pour l’égalité des chances, ainsi que la tutelle régionale au nom des groupes CDH et Ecolo.
Une semaine après le refus de son interpellation, Zohra Chbaral a reçu une lettre calomnieuse d’un avocat, Philippe Chansay Wilmotte, agissant au nom de M. de Jonghe. Dans un saisissant retournement dialectique, cet avocat accuse Zohra Chbaral de « racisme » et la menace directement : « Je vous recommande vivement de vous abstenir dorénavant d’agir de la sorte » , écrit-il, brandissant le spectre d’une possible action pénale.
Non content de la menacer de foudres judiciaires, M. de Jonghe a accentué sa pression menaçante sur la conseillère communale en diffusant largement la lettre de son avocat, un courrier susceptible de faire de Zohra Chbaral la cible d’attaques diverses, vu le contenu de ce courrier.
Le groupe Ecolo au conseil communal d’Ixelles dénonce le comportement inqualifiable de l’échevin de la Culture qui non seulement diffuse des propos racistes et incitant à la haine, mais n’hésite pas à recourir à la menace et à la calomnie pour tenter de faire taire une conseillère. En outre, le groupe Ecolo s’étonne et s’indigne de ce qui ressemble à de la complicité de la part du bourgmestre et du Collège qu’il préside. Après avoir refusé à une mandataire le droit d’interpellation et donc un débat, ils ne réagissent pas aux nouveaux dérapages de l’échevin de la Culture. Ni le bourgmestre PS, ni l’échevine chef de file du MR n’ont exprimé la moindre réserve à l’égard d’un comportement qui est connu de tous au sein du pouvoir communal. Ils n’ont, surtout, pris aucune initiative pour y mettre un terme.
Cette attitude est en contradiction avec l’adhésion, en mars 2008, de la commune d’Ixelles à la Coalition des villes européenne contre le racisme, née d’une initiative de l’UNESCO. Cette adhésion serait-elle purement formelle ?
Anne Herscovici
Chef du groupe Ecolo au Conseil communal d’Ixelles
J’appartiens à l’espèce "militante historique", avec un héritage familial assumé : la démocratie, c’est le droit et le devoir de s’insurger contre la loi du plus fort, les discriminations, l’exploitation, l’indifférence à l’avenir de nos enfants. J’ai rejoint Ecolo pour transformer mes idées en actes. Pour tenter de faire de la politique... (...)
Élue
Conseil communal du 16 octobre 2008
Le CPAS est de plus en plus souvent sollicité pour aider des familles à financer le coût des activités sportives organisées dans le cadre communal ou pour assurer le paiement d’autres frais (santé, énergie, etc) parce que le coût de l’inscription à ces activités contribue à déséquilibrer un budget serré. Pour de nombreux parents (et pas seulement les allocataires sociaux) 295 euro d’inscription à un club (de foot par exemple) est une dépense insoutenable.
En réponse à une interpellation de Madame Chbaral, vous nous assuriez que vous vouliez une politique des sports accessibles à tous. Vous citiez également le succès des chèques sports pour améliorer cette accessibilité.
Les demandes d’aide adressées au CPAS indiquent que les prix pratiqués par les clubs (ou certains d’entre eux du moins) sont peu compatibles avec votre ambition déclarée. Et que les chèques sports ne règlent pas le problème.
J’aimerais savoir comment les montants des cotisations sont fixés et quel contrôle la Commune exerce à cet égard ?
J’aimerais savoir comment les parents sont mis au courant de l’existence de chèques sport et sur base de quels critères ces chèques sont attribués.
Anne Herscovici
Conseil communal 20 mars 2008
Nous avons appris par la presse que l’administrateur délégué du Foyer Ixellois s’est permis d’attribuer deux logements du Foyer Ixellois de façon tout à fait irrégulière.
Il n’a en effet respecté ni la procédure réglementaire, ni les critères de dérogation fixés par les délégués sociaux de la SLRB, critères qui lui auraient, le cas échéant, permis de proposer des dérogations.
Les faits sont tellement sérieux que la SLRB a déposé plainte au pénal
et que l’administrateur a finalement démissionné. La justice fera son
travail.
Mais ce qui intéresse directement notre Conseil, c’est la lucidité tardive et à géométrie variable des principaux responsables de la Commune d’Ixelles.
Leurs réactions initiales révèlent en effet, d’après ce que la presse en a dit, une curieuse notion de ce qu’est un Etat de droit.
Avoir bon coeur n’autorise personne à se placer au-dessus des règles et des procédures. Ni à choisir ses bons pauvres. Il y a plus de 40.000 personnes à Bruxelles qui sont sur des listes d’attente pour un logement social et bien plus encore qui pourraient y prétendre et ne mènent pas une vie conforme à la dignité humaine parce que leur droit au logement reste un droit théorique.
Le Bourgmestre trouve ces pratiques inacceptables mais se tracasse surtout d’éviter des « dégâts collatéraux dans la majorité ». Nous aurions préféré quant à nous qu’il se soucie des dégâts collatéraux pour les candidats locataires, pour les membres du personnel du Foyer sur lesquels forcément des pressions ont dû être exercées. Bref, des dégâts collatéraux pour la démocratie et l’image de la politique.
La conception très particulière de l’administrateur délégué sortant en matière de démocratie, de transparence et de respect des lois n’est pas sans nous préoccuper quant à d’autres facettes de la gestion du Foyer Ixellois. Nous pensons notamment à la législation des marchés publics.
En 2000 déjà, la gestion du F.I. était suffisamment problématique pour que la SLRB commandite un audit financier dont le diagnostic était sévère. Le C.A. du F.I. qui a « hérité » de cette situation sous la législature précédente a redressé la barre grâce à une gestion financière rigoureuse, un plan de remboursement des dettes, un appel systématique aux sources de financement mises en place par les pouvoirs publics régionaux et fédéraux, une réduction significative des frais généraux.
La Commune a d’ailleurs soutenu cet effort en subsidiant le Foyer Ixellois.
Le nouveau Collège (qui est pour une large part fort ancien, d’ancien régime) était censé connaître cet audit et n’a rien fait pour éviter que le F.I. ne retombe dans les ornières du passé.
Ce n’est pas sans doute par hasard si tous les administrateurs du
Foyer ont reçu un courrier de la SLRB leur rappelant leurs responsabilités.
Ce sont aussi les responsabilités de notre Conseil. Le drame de tous
ceux qui ne trouvent pas à se loger décemment justifie largement que
notre Conseil s’y attache et puisse être informé sur la gestion du F.I. Et sur les choix politiques qu’elle sous-tend.
Anne Herscovici
Conseil communal du 21 février 2008
L’évolution du marché immobilier à Bruxelles a crée une situation dramatique pour un nombre de plus en plus important de personnes qui n’ont de facto plus le droit à un logement décent.
Ixelles est particulièrement touchée par l’explosion du coût des logements malgré les efforts importants réalisés par la Commune durant les dernières années, dans le cadre de ses compétences.
Et comme le souligne un récent rapport de la Cour des Comptes, en l’absence de maîtrise du foncier, les contrats de quartier contribuent à l’augmentation des prix et au départ forcé des classes populaires. Nous le constatons, à l’épreuve des faits, à Ixelles.
Dans ce contexte, l’aboutissement du projet régional rue Ernotte, avec ses 250 logements à caractère social, est particulièrement important. Nous aimerions savoir où il en est. En particulier, où en est-on dans la procédure du permis d’urbanisme et comment le Collège y est-il intervenu ? La Commune a-t-elle avancé en ce qui concerne les indispensables équipements collectifs de ce futur ensemble de logements ?
Dans ce contexte, le Foyer Ixellois a lui aussi un rôle important. Durant la législature précédente, la Commune a soutenu financièrement le Foyer et contribué ainsi à son redressement financier et à l’accélération de la rénovation de son patrimoine.
Nous aimerions savoir où en est ce redressement, où en sont les projets de rénovation. Vous savez à quel point il est révoltant et incompréhensible de voir des logements publics vides quand les besoins de logements sociaux sont criants. Nous sommes inquiets en apprenant que la situation financière du Foyer n’est pas bonne, choqué d’apprendre que, sur fond de situation financière détériorée, les représentants de la commune et du CPAS au conseil d’administration ont décidé du doublement de leurs jetons de présence. Cela ne vous semble-t-il pas particulièrement malvenu ?
Anne Herscovici
Conseil communal 25 octobre 2007
L’émoi suscité par l’enfermement de la petite Angelica et sa maman au centre 127 bis nous a rappelé la violence que constituait la détention en centre fermé de personnes innocentes. Une pratique plus choquante encore quand elle concerne des enfants.
L’accord de l’orange bleu intervenu ce mardi 9 octobre comporte encore des zones d’ombres et d’incertitudes. Il prévoit en tout état de cause la régularisation possible d’une série de personnes dont les dossiers de demande de régularisation reçoivent à l’heure actuelle des réponses négatives de la part de l’Office des Étrangers. Cette perspective justifie que soit adopté un moratoire sur les décisions négatives rendues pour le moment dans les procédures de régularisation ainsi que sur l’enfermement et l’éloignement des personnes susceptibles de rentrer dans les conditions avancées dans l’accord.
Nous savons qu’une telle décision relève de la compétence fédérale. Nous savons aussi que les communes subissent les conséquences des défauts de la politique d’immigration actuelle (aide médicale urgente, scolarisation problématique, etc.). Ce sont les communes (à travers les enseignants, les services sociaux, les relations de voisinage) qui mesurent aussi les dégâts humains de l’absence de politique de régularisation. C’est la raison pour laquelle, le groupe Ecolo souhaite, qu’en l’absence d’une décision de moratoire au niveau fédéral, le Bourgmestre refuse dorénavant de transmettre aux services de police les instructions de l’Office des étrangers en vue d’interpeller des familles avec enfants mineurs sous ordre de quitter le territoire afin de les transférer en centre fermé. Des centres qui posent de très très sérieux problèmes en matière de respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
Anne Herscovici
Conseil communal 28 juin 2007
"Renforcer l’application de sanctions pour réprimer les conduites inciviques (dépôts clandestins, tags, etc.). Eduquer au respect d’autrui et à celui de notre cadre de vie via des campagnes d’information et de sensibilisation".
Voilà les intentions louables que la majorité a inscrites à son programme de politique générale. Je voudrais savoir comment cette majorité a mis en application ses engagements durant la campagne électorale. A-t-elle réalisé une évaluation de l’usage lamentable qui a été fait des panneaux électoraux ixellois durant cette campagne ?
Deux semaines après les élections, la plupart des panneaux sont encore en place, des colleurs s’y déploient, et suivant l’exemple de certains candidats aux élections, n’hésitent pas à garnir de surcroit cabines téléphoniques, poteaux, façades d’immeubles inoccupés, etc.
Sur fond rouge, humoristique ? :
"Et maintenant prenez le parti de l’épargne pension. Et visez les 40%."
signé Fortis !
Sur fond noir, respectable : une campagne d’Amnesty International, dont on ne peut que se réjouir, mais qui mériterait, avec le soutien de la commune, un affichage propre.
Dans combien de temps ces panneaux seront-ils enlevés ?
Des sanctions ont-elles été prises durant la campagne et depuis, à l’égard des affichages sauvages ?
Avez-vous prévu, à l’instar de ce qui se fait dans de nombreuses autres communes, des dispositifs qui éviteront à l’avenir, ce gaspillage de papier, la saleté et cette lamentable image de la politique ?
Dans le cadre des campagnes de sensibilisation annoncées, avez-vous prévu des cours particuliers pour les candidats et mandataires de vos partis ? En ce compris sur le respect des règles relatives à la non distribution (aux abords des bureaux de vote ?) de tracts le jour des élections, et à l’interdiction d’affichage sur les voitures stationnées sur la voie publique.
Anne Herscovici
Conseil communal 26 avril 2007
Une des grandes ruptures politiques qui a marqué la législature précédente concernait la politique d’ouverture menée dans le quartier Matonge. Le Collège a alors porté une approche des problèmes de sécurité qui mettait l’accent sur la prévention, le dialogue, le respect. Le groupe Ecolo reste fier de ce choix politique qui a vu la création de la cellule Matonge, l’implication des services du contrat de société, le dialogue avec les habitants, les jeunes et les familles, les commerçants remplacer une politique purement répressive, totalement inefficace de surcroît.
Cette approche radicalement nouvelle a permis la restauration d’un climat de confiance dont le Bourgmestre s’est réjoui, à juste titre, tout au long de la législature. Ce climat nouveau a aussi redonné légitimité et autorité aux policiers pour des interventions policières "classiques".
Nous savons en effet qu’une politique préventive ne suffit malheureusement pas à faire disparaître la petite criminalité et le trafic de drogue. Les opérations de contrôle restent donc bien nécessaires.
Elles étaient redevenues légitimes aux yeux du quartier. Ce qui m’amène à vous interpeller c’est un ensemble convergent de témoignages qui nous font craindre l’abandon de cette politique d’ouverture et percevoir la détérioration des relations entre les habitants, les "usagers" du quartier et la police.
Interpellation de mineurs licenciés de leur école avant la fin des cours pour cause de professeurs malades, interpellations musclées de jeunes qui ont le mauvais goût de courir pour attraper leur métro et que leur course rendrait suspects, maintien au commissariat de ces mineurs sans prévenir les parents. Maman demandant ce qui est reproché à ses enfants et qui est malmenée.
Je peux malheureusement allonger la liste des dérapages inquiétants vécus aussi par de simples témoins d’arrestations ou par des victimes allant porter plainte au commissariat. Grossièreté, abus de pouvoir : trop de témoignages font état de comportements peu policés, insultants ou humiliants. Sans parler de violences physiques. Certains policiers semblent oublier que l’usage de la contrainte est réglementé, même pour des personnes d’origine africaine, même pour des personnes qui ont déjà commis des délits. Ces faits sont d’autant plus inquiétants que tous ceux qui en sont victimes ont en commun la couleur de la peau. Les policiers qui font leur travail correctement sont aussi victimes de ses pratiques qui gâchent leur image.
Nous savons que les policiers font un métier difficile, stressant, parfois dangereux ; et la plupart d’entre eux font sans doute leur travail correctement.
Je voudrais savoir ce qu’est devenu le projet pilote de la "cellule Matongé" et la nouvelle approche dont elle avait été porteuse avec ses formations spécifiques, notamment en matière de communication interculturelle, avec son souci d’impliquer les habitants et les familles par l’entremise du tissu associatif.
Anne Herscovici
Conseil communal du 15 février 2007
Des dispositifs publicitaires envahissent de plus en plus les trottoirs de notre commune. Chevalets posés sur les trottoirs ou en équilibre sur des potelets ; distributeurs de journaux, avec ou sans roulettes ; affiches cartonnées accrochées aux poteaux ou aux arbres, etc. Les uns entravent le cheminement "naturel et confortable" des piétons, se retrouvent parfois sur la chaussée, au gré des coups de vent ou de pieds ; les autres sont, comme les publicités dans les boites aux lettres, source de travail supplémentaire pour notre service de propreté. Et leur présence ne contribue pas vraiment à l’embellissement des quartiers.
Je voudrais savoir si la Commune a délivré des autorisations permettant le dépôt des ces dispositifs. Si oui, à quelles conditions ? Et si non, quelles initiatives ont été prises à l’égard d’occupations privatives de l’espace public qui me semblent être en infraction avec notre règlement général de police ?
Anne Herscovici
Conseil communal 6 octobre 2005
La qualité de la vie dans une commune, le bien-être des habitants sont pour une part importante liés à l’état des espaces publics. Notre commune est confrontée, comme toutes les communes de la Région, à un nombre important de chantiers publics et privés, sur les voiries communales et régionales. Les trottoirs en particulier sont régulièrement parsemés d’obstacles liés à ces travaux. C est un mal nécessaire sans doute (à la différence des stationnements automobiles sur les trottoirs) : nous souhaitons tous que nos trottoirs soient refaits quand ils sont dégradés, que nos égouts soient en ordre de marche, que de nouveaux logements soient construits ou d’anciens réhabilités, etc. Mais les désagréments subis par les habitants, les passants et les commerçants pourraient être allégés.
Des remarques sont souvent faites, à juste titre, sur les trottoirs ouverts et réouverts de façon fort peu coordonnée. Il me semble qu’en matière de coordination de chantiers, des progrès ont été réalisés. Par contre en matière de signalement des chantiers (publics comme privés), de passages « alternatifs » sécurisés pour les piétons, d’information sur la durée des travaux, de coordonnées du responsable de chantier, les dispositions légales existantes sont loin d’être respectées. Il nous est tous arrivé sans doute, sans attendre l’occasion d’un show au conseil communal, d’alerter le service communal qui nous semblait le mieux placé pour intervenir, en constatant des panneaux dépassés par l’histoire, du matériel de chantier abandonné, une signalétique à la Raymond Devos, ou encore l’absence de passages pour piétons quand l’emplacement du chantier les oblige à quitter le trottoir. Le succès de ces interventions est assez logiquement variable. D’autant qu’il est difficile de savoir qui est compétent pour quoi.
Les chantiers ne sont pas les seuls éléments qui mettent à mal l’espace public, la saleté en est un autre : que peut-on faire de constructif comme habitant, « expert de son quartier », quand on constate des dépôts clandestins, des affichages particulièrement sauvages.
Ou dans un autre registre quand on constate un éclairage public qui ne fonctionne plus, un potelet renversé, un affaissement de trottoir inquiétant, des avaloirs bouchés, autant de problèmes quotidiens qui mettent à mal la qualité de la vie et mériteraient un traitement, urgent ou non, et un suivi systématique par la commune.
Je pourrais multiplier les exemples de situations qui nécessiteraient une intervention communale sur l’espace public, intervention directe, ou indirecte en direction de la Région, d’un entrepreneur, d’une société intercommunale, etc.
Des règlements existent en matière de signalisation des chantiers, en matière de coordination des chantiers en voie publique, des cahiers de charge sont imposés aux entrepreneurs, un nouveau règlement général de police vient d’être adopté, etc. mais tout cela est vain si personne n’est chargé de veiller au respect des règles.
Par ailleurs, une série de faits imprévisibles surviennent également qui n’entrent pas dans la programmation des tâches confiées aux services. Impossible pour ces services de donner suite à des demandes venues de tous côtés, peut-être mal orientées, d’organiser les priorités sans avoir une vue globale des interventions demandées et impossible pour les responsables politiques d’éventuellement faire des choix de priorités, etc.
C’est la raison pour laquelle, je voudrais suggérer, à la veille de l’élaboration du budget 2006 que le Collège prévoie les moyens financiers et organisationnels d’un travail de contrôle systématique de l’espace public, par quartier, de façon à ce que les interventions nécessaires soient plus rapides et concertées. Cela créerait des emplois utiles pour la collectivité et allégerait l’ordre du jour de nos futurs conseils communaux.
Anne Herscovici
Conseil communal 22 septembre 2005
Le nombre de personnes circulant à vélo dans notre commune a fort augmenté ces derniers temps. Il est probable que le coût de l’essence, l’ampleur des embouteillages et les difficultés de stationnement vont amener un usage plus important encore de ce mode de déplacement.
J’aimerais connaître les lieux d’implantations prévus dans la commune pour les dispositifs permettant d’attacher les vélos ainsi que le calendrier des travaux. En terme de priorité, j’attire votre attention sur l’absence de dispositif à l’entrée de la maison communale où se trouve le service population et au cimetière communal.
Anne Herscovici
Conseil communal du 14 avril 2005
La mobilisation des femmes a conduit nombre d’instances internationales, européennes et belges à formuler des recommandations visant tant la participation équilibrée des femmes et des hommes aux processus de décision que la prise en compte de la dimension du genre dans les politiques locales, notamment. Les formations politiques démocratiques reconnaissent aujourd’hui qu’il s’agit là d’un enjeu majeur pour la démocratie.
La ville n’est pas un espace neutre. A travers son urbanisme, ses possibilités de déplacements, ses équipements collectifs, la sécurité offerte aux citoyens dans l’espace public, la ville n’est pas égale pour tous. Toutes les décisions prises au niveau communal sont susceptibles d’avoir des conséquences différentes sur les citoyens, en raison de leur sexe. Et pourtant une enquête menée entre 2000 et 2003 dans une centaine de villes de sept pays de l’Union européenne, dont la Belgique, a mis en évidence que les acteurs locaux (mandataires, fonctionnaires, associations locales, etc.) éprouvent des difficultés à introduire ce concept de genre dans leurs politiques. Les chercheuses et chercheurs du projet européen « Genre et gestion locale du changement » soulignent dans leur rapport que les inégalités ne sont pas toujours perçues d’emblée et que s’y attaquer suppose d’abord de les révéler. Penser une ville sensible au genre implique non seulement d’en avoir la volonté politique, mais aussi de disposer d’outils d’analyse.
L’Arrêté Royal du 27 février 1990 « portant des mesures en vue de la promotion de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes dans les services publics » visait déjà à rendre visible la situation des femmes au sein de ces services par l’établissement d’un plan d’égalité des chances. Ce plan doit présenter des
« données chiffrées concernant la situation du personnel comparée par sexe… concernant l’accès à l’emploi par niveau et par grade, les promotions, les effectifs par services et la participation effective aux activités de formation »
. Ce plan doit aussi contenir une description des situations qu’il conviendrait de corriger, des objectifs à atteindre et les actions positives envisagées.
Un tel plan a-t-il pu être établi au niveau de la commune d’Ixelles et si oui avec quels résultats ?
Le Collège peut-il informer par ailleurs le Conseil des différentes initiatives déjà prises pour tenir compte de l’égalité entre les femmes et les hommes dans ses différentes politiques ?
Anne Herscovici