Décidément Yves de Jonghe d’Ardoye n’en rate pas une ! L’ancien Bourgmestre d’Ixelles (aujourd’hui Echevin de la Culture) a diffusé largement par email un texte islamophobe primaire. Le Bourgmestre PS tente d’étouffer l’affaire !
ECOLO, par l’intermédiaire de la Conseillère Zohra Chbaral, a déposé une interpellation officielle du Conseil communal. Et là surprise, le Bourgmestre socialiste Willy Decourty s’est opposé à toute discussion sur le sujet. Pas d’explications de l’Echevin donc. Encore moins d’excuses, ni bien entendu de démission.
Au contraire, au silence des pantoufles socialistes s’est ajouté une défense choquante de M. de Jonghe par Vivianne Teitelbaum, Chef du Groupe MR !
Les Groupes ECOLO et CDH ont porté plainte auprès de la Tutelle sur les communes et du Centre pour l’Egalité des Chances.
La semaine du 3 avril, une école communale a organisé un voyage en classe de mer. Les parents ont été surpris de constater que l’autobus qui devait transporter leurs enfants de Bruxelles à la côte, n’était pas équipé de ceintures de sécurité.
Il est vrai que l’équipement en ceintures de sécurité est rendu obligatoire, par arrêté royal, aux seuls autocars mis en circulation à partir d’avril 2003. Néanmoins, et sur ce plan, nous devrions être particulièrement attentifs car cela concerne une préoccupation essentielle à savoir, la sécurité routière et le transport des enfants.
Ma question est la suivante : Pour la sécurité des enfants, la commune ne devrait-elle pas imposer des clauses dans les cahiers des charges pour exiger des firmes de transport privé avec qui elle signe une convention, que leurs autocars destinés au transport scolaire soient équipés de ceintures de sécurité ? La sécurité des enfants doit primer sur les raisons budgétaires.
Zohra Chbaral, le 13 mai 2009
Remarque 1 : cette interpellation a été rejetée par le Bourgmestre d’Ixelles. ECOLO et le CDH ont porté plainte auprès du Centre pour l’Egalité des Chances et de la Tutelle régionale sur les communes.
Remarque 2 : Pour la bonne compréhension du texte suivant, nous avons choisi de publier le texte intégral diffusé par M. Yves de Jonghe d’Ardoye. ECOLO ne partage aucunement le contenu de ce texte.
Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins,
Nous gardons bien en mémoire le tract de Monsieur de Jonghe sur la fête du mouton, datant de février 2001 et dans lequel on pouvait lire : « Imagine-t-on seulement l’arrivée des animaux, leurs cris et leurs bêlements, les écoulements et les flaques de sang, l’odeur de la mort ? ». Et un peu plus loin : « Imagine-t-on le traumatisme des enfants qui, après cet abattage rituel, iront sur le terrain de basket, lequel aura été transformé en couloir de la mort ? ». Force est de constater que Monsieur de Jonghe a de la suite dans les idées. En effet, le Soir du 5 mars 2009, publiait des extraits aux relents racistes, suggérant que le danger islamique serait permanent. Dans ses propos, on voit s’affirmer une vision essentialiste du musulman ; celui-ci serait violent, terroriste, n’ayant qu’une seule vision du monde et constituerait une menace omniprésente à la démocratie. Il semble ignorer que les conceptions du monde de type religieux ne sont pas les seules à exister.
Monsieur l’échevin fait du terrorisme une composante essentielle de l’identité musulmane et l’Islam serait selon lui mortifère par essence. Il assène des vérités, il n’a laissé aucune chance à la confrontation des argumentations qui oblige chacun à se placer du point de vue de tous les autres. Ses propos ne contiennent que des affirmations. Avec un contenu si pauvrement charpenté, il est difficile d’ouvrir un débat. Sa proposition est raciste et repose sur un raisonnement à l’emporte pièce.
Nous vivons dans une société démocratique. Il ne s’agit donc pas de dénoncer des propos qui critiquent telle ou telle religion. Mais plutôt de l’incitation à la haine, punissable en vertu de la loi du 30 juillet 1981 contre le racisme (dite loi Moureaux) modifiée par la loi du 20 janvier 2003. Ses propos témoignent de sa prise de position inavouée par rapport à des composantes de la population. En livrant de cette manière ses fantasmes, il contribue à faire émerger des sentiments d’angoisse générateurs d’irrationnel au sein de la population. Par ces propos xénophobes, il cherche à faire naître au sein de notre société un sentiment de peur et de haine à l’encontre de la communauté musulmane. En utilisant les préjugés et la peur, il distille la haine et le racisme.
En affirmant que les musulmans « …pratiquent (…) le lavage de cerveau de leurs enfants dans des camps militaires, leur enseignant à se faire exploser en causant le maximum de morts parmi les non-croyants », il sème la confusion dans la tête des gens et alimentent une paranoïa malsaine ; il vise une communauté et rejoint ainsi l’extrême droite dans sa rhétorique anti-musulmane. La prose raciste, anti-musulmane fait partie de ce nouveau registre de l’isalmophobie rampante ; cette forme de racisme associant haine religieuse et peur de l’Autre et qui se fraie un chemin dans notre société. Ces propos s’insèrent dans l’idéologie de l’extrême droite. Récemment, Filip Dewinter écrivait : « Islamofobi is een plicht ». Il existe donc de nombreux parallèles entre ce discours et celui du Vlaams Belang. Monsieur de Jonghe, à l’instar de Filip Dewinter dans son interview donnée à un hebdomadaire américain en octobre 2005, s’acharne à monter les communautés les unes contre les autres : la communauté musulmane contre la communauté juive et vice et versa. Des propos qui constituent une véritable incitation à la haine entre juifs et musulmans. Au printemps 2002, un appel d’un certain nombre d’intellectuels arabes, publié dans le journal Le Monde disait : « ne nous trompons pas de combat. L’insulte contre un juif ou un arabe c’est la même ». Au lieu de mettre en valeur ce qui unit, il fait ressortir ce qui divise. Mon propos n’est pas de nier certaines différences qui pourraient exister entre les cultures et les religions, mais d’insister sur cet espace commun qui nous lie toutes et tous : la communauté des citoyens qui nous accueille sans distinction sur le même pied d’égalité quelles que soient les croyances des uns et des autres.
Monsieur l’échevin, ce ne sont sûrement pas vos propos qui vont permettre une intégration pacifique de populations différentes. Les populations que vous fustigez est une composante de notre société et Ixelles ne peut sûrement pas compter sur vous pour favoriser la coexistence harmonieuse et un engagement en faveur d’une société plurielle travaillant pour la promotion du « vivre ensemble »
ECOLO considère donc qu’une ligne rouge a été franchie par l’échevin de la culture ou plus justement par l’échevin de l’inculture qui n’hésite pas à réduire une culture à la frange intégriste d’une religion en oubliant que chaque religion produit ses propres intégristes. Peut-on faire l’amalgame entre l’église et certains comportements des prêtres dans l’histoire ; peut-on résumer l’église à certains courants catholiques et aux prises de positions des prêtres lefebvristes ? Evidemment non.
Le racisme est un comportement abject et « la bête immonde » comme dirait Bertolt Brecht risque de surgir à n’importe quel moment. La commune s’est engagée pour « renforcer la vigilance contre le racisme et la xénophobie » et pour « former à la diversité le personnel communal ». Ma question est donc de savoir quelles-sont les mesures qui ont été prises par le collège dans le cadre de ses engagements pour une commune sans racisme afin de sanctionner des propos d’une telle gravité ?
Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins,
Les bâtiments scolaires ne sont pas uniquement des lieux d’apprentissage mais également des espaces de vie pour les enfants comme pour les enseignants. Certains bâtiments nécessitent des travaux lourds de rénovation, je cite l’exemple du plafond de la cantine de l’école 9 ; et d’autres nécessitent des travaux d’entretien réguliers et de réparation de matériel manifestant des signes d’usure ; exemple :
L’éducation au respect des biens collectifs fait aussi partie des responsabilités et missions de l’école. L’objectif est de sensibiliser les élèves aux valeurs de la citoyenneté. Or pour apprendre aux enfants le respect des équipements collectifs, il faut que les responsables, en l’occurrence, le pouvoir organisateur, donne l’exemple. Si des problèmes de chasse d’eau et de fuite dans les sanitaires, comme il en existe dans certaines écoles, ne sont pas réparés, c’est l’éducation des jeunes en matière de protection de l’environnement qui n’est pas assurée. Afin de transmettre aux élèves des valeurs liées au respect de l’environnement et de leur donner les moyens de devenir des citoyens responsables, capables de mesurer les conséquences de leurs actes sur l’environnement, il faut que les actions des responsables de notre commune soient tournées vers la prévention du gaspillage et la gestion des ressources comme l’eau et l’énergie. Je rappelle l’adhésion de notre commune à la charte d’Aalbort, et c’est dans cette perspective que, si l’on veut agir profondément sur les comportements, il faut cultiver chez l’enfant le respect de son environnement en montrant l’exemple et en effectuant des travaux qui s’inscrivent dans la logique de l’agenda 21 que notre commune a adopté.
Je me permets donc de formuler quelques questions à partir de ce qui m’a été rapporté.
Zohra Chbaral, le 25 mai 2008
Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins,
Le samedi 1er mars 2008, un accident a eu lieu dans une école communale. Le plafond du 2ème étage du nouveau bâtiment du Groupe scolaire du Bois de la Cambre s’est effondré.
La décision de fermer le bâtiment a été prise presque une semaine plus tard, à savoir, le vendredi 6 mars. Entre-temps, les parents n’avaient reçu aucune information.
Les associations des parents des écoles 7 et 8 ont été informées, de la situation par le Service de l’Instruction publique, le jeudi 6 mars en fin d’après midi, en leur confiant la tâche de prévenir elles-mêmes les parents et leur demander de garder, si possible, les enfants chez eux le vendredi 7 mars. La tâche de prévenir les parents revient plutôt à l’IP étant donné que les associations des parents ne disposent pas des coordonnées de tous les parents dont les enfants fréquentent ces écoles.
Un courrier daté du 6 mars 08 a été distribué dans la matinée du vendredi 7 mars à l’entrée de l’école 8. Vous avez donc attendu presque une semaine avant de prévenir les parents de la situation. Ce bâtiment abritait plusieurs classes de troisièmes années maternelle, des premières et deuxièmes années primaire. Les enfants, le personnel enseignant, le personnel d’entretien ont continué à fréquenter ce bâtiment durant pratiquement toute la semaine. Aucune mesure d’urgence propre à assurer la sécurité des enfants et des personnels n’a été appliquée mettant ainsi en danger leur sécurité. Ce qui est une forme de négligence.
Concernant la communication entre les différents acteurs, celle-ci a été complètement défaillante.
Zohra Chbaral, le 16 mars 2008
Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les échevins,
Dans un courrier que vous avez adressé aux parents dont les enfants fréquentaient les activités multisports organisées par le Service des Sports, ainsi que dans Info XL n° 62 de septembre 2007 vous informiez d’un partenariat entre la Commune et l’ULB-Sports. Je reprends ce qu’on pouvait y lire :
« L’organisation des activités sportives du mercredi après-midi a été modifiée afin de permettre aux Clubs sportifs le développement de leurs structures « écoles de jeunes ». Vos enfants auront le loisir de s’initier dans les disciplines sportives suivantes encadrés par des moniteurs qualifiés et expérimentés, à savoir : tennis, judo, kin-ball, hockey, football, basket, badminton, athlétisme, natation. Pour les activités multisports, un partenariat a été établi entre la Commune et l’ULB Sports qui assurera également la prise en charge des enfants en car auprès des écoles situées sur le territoire ixellois. Un programme varié d’activités sportives et culturelles est proposé pour les jeunes âgés de 3 à 14 ans sur le site du Solbosch. »
Pour ma part, je constate que
J’ai eu de nombreux échos du mécontentement des parents face à la suppression des activités sportives organisées par le service des sports sous l’ancienne majorité.
Par ailleurs, le ramassage scolaire qui était effectué auparavant par l’ULB elle-même pour ses propres activités est assumé actuellement par la Commune qui met les autocars communaux à disposition de l’ULB-Sports.
J’imagine que ce partenariat Commune-ULB contre lequel nous n’avons aucune objection de principe, au contraire, est organisé sur base d’une convention.
Pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur la teneur de cette convention dont je n’ai pas le souvenir qu’elle ait été soumise au Conseil communal.
Bien avant l’entrée en vigueur des mesures prises par votre majorité, j’avais eu l’occasion dans cette assemblée d’insister sur les conséquences que votre choix politique risquait d’avoir sur l’accès au sport pour tous.
Je m’étais réjouie du maintien de l’aide financière apportée aux familles modestes (chèques sport et l’intervention communale « sport pour tous »), mais en même temps, j’avais soulevé le problème des groupes sociaux intermédiaires. Vous savez bien qu’entre les classes sociales les plus nanties et les milieux défavorisés, il existe une large palette de familles à revenus moyens, appauvris notamment par l’explosion du coût des logements. Vous n’avez apporté aucune réponse à leurs difficultés. Au contraire, les mesures prises par votre majorité, non seulement ne réduisent pas les inégalités mais en créent. Récemment, une enquête du CRIOC a fait ressortir que la pratique du sport dépend de l’appartenance sociale et que ce sont bien les enfants des familles plus privilégiées qui font davantage de sport. La même enquête a mis en exergue que les 9-18 ans préfèrent regarder la télé ou surfer sur internet durant leur temps libre. Il vaut donc mieux tenter de les accrocher à une activité sportive avant l’adolescence.
Au lieu de prendre des initiatives qui améliorent, encore plus, l’accès au sport pour tous les jeunes, et qui incitent les parents à inscrire leurs enfants aux activités sportives, vous avez créé des obstacles de tous genres en ignorant la demande sociale.
En effet, comme indiqué dans Info XL de septembre 2007 vous avez choisi de modifier l’organisation des activités sportives du mercredi après-midi au Stade Communal afin de permettre aux Clubs sportifs le développement de leurs structures « écoles de jeunes ». Je vous rappelle que certains clubs évoluaient déjà le mercredi après-midi au Stade communal, je pense plus particulièrement au tennis et au football.
On ne peut que constater que pour ces écoles de jeunes :
En supprimant ces avantages qui encouragent les parents, vous avez non seulement, cassé l’élan qui a été créé mais surtout enclenché un mécanisme d’exclusion qui a touché la majorité des enfants qui fréquentaient les activités du Stade communal. Ces activités qui étaient organisées, en semaine, par le Service des Sports et dont le coût était abordable, connaissaient un grand succès.
Je vous propose donc de faire une analyse comparative chiffrée de la fréquentation des activités sportives du Stade communal quand elles étaient organisées par le Service des Sports et celles organisées par les écoles de jeunes des clubs sportifs. J’aimerais en particulier connaître le nombre d’enfants ayant fréquenté ces activités (organisées par le service des sports) et qui ont intégré les écoles de jeunes. Ces chiffres permettraient au moins de poser un diagnostic clair et de pouvoir rectifier, le cas échéant, les inégalités créées et de développer d’éventuelles mesures d’amélioration de la fréquentation.
Zohra Chbaral, le 9 novembre 2007